La monnaie de présentation est la devise dans laquelle une entité ou un groupe publie ses états financiers. Contrairement à la monnaie fonctionnelle, qui se détermine par les faits économiques, la monnaie de présentation relève d'un choix libre au sens d'IAS 21 : n'importe quelle devise peut être retenue.
En pratique, le choix suit l'audience. Un groupe publie dans la devise de son principal marché de capitaux : un groupe européen visant des investisseurs américains peut ainsi présenter ses comptes en dollars. Les obligations de dépôt locales, la comparabilité sectorielle et la devise de la société mère tirent chacune dans une direction différente. Certains groupes publient dans une devise et fournissent une information complémentaire dans une autre.
Les deux notions coïncident assez souvent pour être confondues. Un groupe français dont les entités opèrent en euros a l'euro à la fois comme monnaie fonctionnelle et comme monnaie de présentation, et aucune conversion n'est nécessaire. La distinction ne devient visible que lorsqu'elles divergent, ce qui est la situation normale de tout groupe doté de filiales étrangères.
Choisir une monnaie de présentation emporte une conséquence comptable directe. Toute entité dont la monnaie fonctionnelle en diffère doit être retraitée par conversion des comptes à chaque clôture, et chaque retraitement génère un écart de conversion qui s'accumule en capitaux propres. Changer de monnaie de présentation en cours de vie constitue un changement de présentation appliqué de façon rétrospective, ce qui impose de retraiter les comparatifs.
Sur le plan opérationnel, la contrainte est que les entités tiennent leur comptabilité dans leur propre monnaie fonctionnelle tandis que le groupe publie dans une seule. Réconcilier ces vues à chaque clôture est précisément là que le processus de liasse de consolidation se tend, et là où la consolidation des données de plusieurs ERP supprime l'essentiel du retraitement manuel.