La monnaie fonctionnelle est la devise de l'environnement économique principal dans lequel une entité opère. C'est la devise dans laquelle cette entité génère et dépense réellement sa trésorerie, et elle commande la façon dont chaque transaction est enregistrée dans ses comptes. La norme IAS 21 pose le concept, et le point essentiel est qu'elle se détermine par les faits, elle ne se choisit pas.
Les indicateurs principaux pèsent le plus lourd : la devise qui influence principalement les prix de vente, la devise du pays dont la réglementation détermine ces prix, et la devise qui influence principalement les coûts de main-d'œuvre, de matières et d'exploitation. Les indicateurs secondaires suivent : la devise dans laquelle les financements sont levés et celle dans laquelle les encaissements d'exploitation sont conservés.
Elle n'est fréquemment pas la devise locale. Une filiale suisse qui vend des produits pétroliers libellés en dollars, supporte des coûts en dollars et se finance en dollars a le dollar américain pour monnaie fonctionnelle, bien qu'elle opère en Suisse. À l'inverse, un bureau commercial français d'un groupe américain qui vend en euros à des clients français, avec des coûts en euros, a l'euro pour monnaie fonctionnelle, même si sa mère publie en dollars.
La distinction compte parce qu'elle sépare deux mécanismes souvent confondus. Les transactions libellées dans une devise autre que la monnaie fonctionnelle génèrent un gain ou une perte de change en résultat. Le retraitement des comptes d'une entité de sa monnaie fonctionnelle vers la monnaie de présentation du groupe génère en revanche un écart de conversion en capitaux propres.
La déterminer correctement est un préalable à la conversion des comptes, et donc à toute la consolidation d'un groupe multi-devises. Quand une entité traite des factures fournisseurs dans plusieurs devises, c'est le contrôle des factures en devises étrangères qui porte le travail au quotidien.