Le seuil de signification est le montant au-delà duquel une anomalie, seule ou cumulée avec d'autres, peut raisonnablement influencer les décisions économiques des utilisateurs des états financiers, et il détermine la profondeur avec laquelle auditeurs et directions financières testent les chiffres.
Le seuil de signification est encadré par la norme internationale ISA 320, appliquée en France par la NEP 320. La norme laisse le montant au jugement professionnel, mais la pratique s'appuie sur une référence et un pourcentage. Les références les plus courantes sont :
- 5 % du résultat avant impôt, pour les entreprises rentables et stables
- 0,5 % à 1 % du chiffre d'affaires, lorsque le résultat est volatil ou proche de zéro
- 1 % à 2 % du total du bilan, pour les entités à forte intensité d'actifs
Le commissaire aux comptes en déduit deux seuils inférieurs. Le seuil de planification, généralement compris entre 50 % et 75 % du seuil de signification, dimensionne les travaux pour que les erreurs non détectées ne s'additionnent pas jusqu'à un montant significatif. Le seuil de remontée des anomalies, souvent fixé entre 3 % et 5 % du seuil de signification, fixe le niveau en dessous duquel les écarts ne sont même pas cumulés.
Le seuil de signification est un seuil d'opinion d'audit, pas une tolérance aux pertes. Une surfacturation de 400 euros par mois chez un fournisseur est non significative pour n'importe quels comptes, et coûte pourtant près de 5 000 euros par an, ce qu'Astotel a constaté sur un seul fournisseur. Le seuil de signification encadre aussi l'analyse de variation de comptes et le périmètre d'une matrice des risques et contrôles.
Phacet applique ses contrôles en dessous de tout seuil de signification. Les contrôles avant paiement vérifient chaque ligne de facture plutôt qu'un échantillon, et les écarts passent en revue par exception, si bien que les petites erreurs récurrentes sont corrigées avant paiement.