Le cash pooling, ou centralisation de trésorerie, est un dispositif qui regroupe la trésorerie de plusieurs entités d'un groupe afin que les excédents des unes compensent les déficits des autres. Sans lui, une filiale peut détenir 2 millions d'euros rémunérés à presque rien pendant qu'une autre emprunte 1,5 million à 5 pour cent, à l'intérieur du même groupe.
Deux formes existent, et la différence tient à un point : l'argent bouge-t-il réellement. Le pooling physique transfère les soldes vers un compte centralisateur, généralement par nivellement des comptes. Le pooling notionnel laisse les soldes en place et ne les compense que pour le calcul des intérêts. Le premier crée de véritables positions intragroupe, le second non.
Les gains sont directs : endettement net réduit, taux mieux négociés sur une position consolidée, moins de trésorerie dormante, et une vision cash groupe qui ne dépend plus de la collecte des relevés bancaires entité par entité.
En France, le dispositif s'inscrit dans un cadre légal qu'on ne peut pas contourner. Les avances de trésorerie intragroupe constituent une exception au monopole bancaire au titre de l'article L. 511-7 du Code monétaire et financier, et elles supposent un lien capitalistique entre les entités. Une convention de trésorerie écrite doit en fixer les conditions, et le taux d'intérêt doit être de pleine concurrence : une avance sans intérêt entre sociétés liées s'expose à une requalification en acte anormal de gestion.
Le cash pooling n'est pas la compensation intragroupe : le pooling centralise des soldes, la compensation règle ce que les entités se doivent. Les deux reposent sur des positions validées des deux côtés, ce que l'agent de rapprochement des flux intercompany établit en amont. Voir le hub trésorerie et cash.