La dépréciation du goodwill est la perte comptabilisée lorsque la valeur recouvrable d'une unité génératrice de trésorerie devient inférieure à sa valeur comptable, écart d'acquisition affecté compris. En clair, le groupe reconnaît qu'une acquisition vaut moins que ce qui figure encore à son bilan.
Le goodwill ne peut pas être testé isolément, car il ne génère pas de flux de trésorerie de façon autonome. Il est affecté à une unité génératrice de trésorerie (UGT), soit le plus petit ensemble d'actifs produisant des entrées de trésorerie largement indépendantes, et le test est réalisé à ce niveau. Selon IAS 36, le test est annuel et obligatoire, qu'un indice de perte de valeur existe ou non.
La mécanique confronte deux montants. La valeur comptable de l'UGT, écart d'acquisition affecté inclus, face à sa valeur recouvrable, définie comme le plus élevé de la juste valeur diminuée des coûts de sortie et de la valeur d'utilité. La valeur d'utilité est un calcul de flux de trésorerie actualisés reposant sur les projections du management et un taux d'actualisation, ce qui place le test dans le territoire des évaluations de niveau 3 de la juste valeur.
Une asymétrie caractérise l'exercice : une dépréciation du goodwill n'est jamais reprise. Là où une dépréciation de stock ou d'immobilisation peut être reprise si les conditions s'améliorent, IAS 36 interdit toute reprise sur le goodwill. La perte est définitive, ce qui explique qu'elle soit scrutée et que les directions financières s'y résolvent rarement de gaieté de cœur. En normes françaises, le règlement ANC 2020-01 prévoit en outre un amortissement lorsque la durée d'utilisation de l'écart d'acquisition est déterminable.
La crédibilité du test dépend de la fiabilité des flux qui l'alimentent, UGT par UGT. Quand une entité acquise tourne encore sur ses propres systèmes, produire cette vue suppose d'abord de rapprocher les données entre outils : la consolidation des données de plusieurs ERP et la fiabilité des données de clôture sont les préalables concrets d'un test de dépréciation défendable.