Les comptes de liaison intragroupe sont les comptes dédiés à l'enregistrement des flux entre entités d'un même groupe, tenus séparément des comptes de tiers afin de pouvoir être extraits en consolidation sans avoir à les chercher. Ils relèvent d'un choix de structure dans le plan comptable, arrêté une fois et vécu pendant des années.
Trois approches existent, et elles ne se valent pas. Certains groupes utilisent des comptes dédiés du plan comptable général, typiquement la série 18 pour les comptes de liaison et la série 45 du grand livre intragroupe. D'autres laissent les flux dans les comptes de tiers ordinaires et marquent la contrepartie par un attribut analytique ou un code partenaire. Les mieux équipés combinent les deux, un compte dédié plus une dimension contrepartie.
C'est la dimension contrepartie qui sépare un paramétrage exploitable d'un paramétrage douloureux. Un compte de liaison qui agrège toutes les contreparties du groupe en un solde unique indique que l'entité doit 480 000 euros au groupe, mais pas à qui. Ventiler par contrepartie, que ce soit par des sous-comptes ou par un axe analytique, est ce qui rend un solde justifiable et pas seulement connu.
Cette structure est l'expression opérationnelle de la règle du miroir posée dans les comptes réciproques : les comptes portent les deux côtés, le principe de réciprocité impose qu'ils se neutralisent. Un paramétrage soigné n'empêche pas un écart de réconciliation intercos, mais il transforme sa recherche en requête plutôt qu'en enquête.
Quand le paramétrage diffère d'une entité à l'autre, ce qui est la règle après des acquisitions, le rapprochement doit fonctionner malgré des structures incompatibles. L'agent de rapprochement des flux intercompany de Phacet apparie les écritures par le sens plutôt que par numéro de compte, et la consolidation des données de plusieurs ERP lit chaque entité dans son propre format.