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Écart de change latent

Un écart de change latent est la différence de change constatée à la date de clôture sur les postes en devises encore ouverts, obtenue en les réévaluant au cours de clôture. Rien n'a été payé ni encaissé : la position est simplement réévaluée pour refléter le niveau du taux à la date d'arrêté. L'écart est donc comptable, sans effet sur la trésorerie de la période.

Seuls les postes monétaires sont réévalués. Créances, dettes, soldes bancaires et emprunts libellés en devise sont retraités au cours de clôture. Les postes non monétaires évalués au coût historique, immobilisations ou stocks, restent au cours en vigueur lors de leur enregistrement. C'est la distinction la plus souvent manquée en pratique, et elle change directement le montant réévalué.

Les deux référentiels divergent nettement ici, et la divergence n'a rien de cosmétique. Les IFRS passent les écarts latents en résultat de façon symétrique : gain latent comme perte latente affectent le résultat. Les normes françaises appliquent au contraire le principe de prudence. Les différences sont inscrites aux comptes de bilan 476 (perte latente) et 477 (gain latent), une perte latente donne lieu à une provision pour risque de change, et un gain latent n'est pas comptabilisé du tout. La même position ouverte produit donc un résultat différent selon le référentiel appliqué.

Une fois le poste réglé, la différence devient réalisée et la provision, si elle avait été constituée, est reprise. La distinction entre ces deux états est développée dans gain et perte de change.

Deux points rendent le calcul fragile en pratique. Il suppose un inventaire exhaustif des positions ouvertes en devises à une date précise, et un cours de clôture unique appliqué de façon cohérente par toutes les entités. Quand les positions sont intragroupe, un taux appliqué d'un côté mais pas de l'autre devient un écart de réconciliation intercos qui s'ajoute à la question de valorisation. L'agent de rapprochement des flux intercompany remonte ce cas avant la clôture plutôt qu'après.

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