L'écart d'acquisition, couramment appelé goodwill ou survaleur, est la différence entre le prix payé pour acquérir une société et la juste valeur de l'actif net identifiable acquis. Si un groupe paie 10 millions d'euros une entreprise dont les actifs et passifs identifiables sont évalués à 7 millions, l'écart d'acquisition s'élève à 3 millions. Il est comptabilisé à l'actif du bilan consolidé, en immobilisation incorporelle.
Ces 3 millions ne sont pas une prime payée par erreur. Ils représentent ce que l'acquéreur achète sans pouvoir lui affecter une ligne distincte : fidélité de la clientèle, savoir-faire des équipes, position de marché, synergies attendues. L'écart d'acquisition est le résidu comptable de tout ce qui faisait que la cible valait plus que la somme de ses parties.
Il ne naît qu'en consolidation, et seulement après que l'affectation du prix d'acquisition a attribué une juste valeur à chaque actif et passif identifiable. L'écart d'acquisition est ce qui subsiste une fois cet exercice achevé, raison pour laquelle une affectation bâclée le gonfle : des incorporels qui auraient dû être identifiés et amortis séparément restent agrégés dans le résidu.
Le traitement ultérieur diverge selon le référentiel. En IFRS, l'écart d'acquisition n'est pas amorti. Il fait l'objet d'un test de dépréciation au moins annuel, et toute perte est constatée en résultat. En normes françaises, le règlement ANC 2020-01 prévoit un amortissement lorsque la durée d'utilisation est déterminable, et un test de dépréciation lorsqu'elle ne l'est pas. La même acquisition pèse donc très différemment sur le compte de résultat selon le référentiel appliqué.
Lorsque le prix d'acquisition est inférieur à la juste valeur de l'actif net acquis, la différence constitue au contraire un écart d'acquisition négatif. Les deux relèvent du périmètre de consolidation, et les deux supposent que les données de l'entité acquise soient fiables avant tout calcul.